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Une réflexion facile sur deux mots

Dernière mise à jour : 16 févr.


Sans passer par des définitions savantes, une réflexion rapide sur « former » et « enseigner » dans la langue française parle du rapport que nous entretenons avec l’humain.


Former, c’est transformer selon un modèle vu comme un moule venant de l’extérieur. C’est faire entrer quelqu’un dans une vision créée par autrui et faire en sorte que la personne applique certaines règles. Former, c’est préparer un avenir balisé par d’autres et qui imprime une marque indélébile.


Enseigner, c’est montrer, signaler une voie à un apprenant qui reçoit des savoirs. C’est lui indiquer un chemin qu’il parcourra dans une direction donnée. C’est le laisser choisir de suivre cette voie ou non, selon les capacités dont il dispose.


Nous retrouvons bien l’objectif de la formation professionnelle, qui vise une personne pour la rendre apte à une activité, qui permet à un « Je » de rejoindre un « Nous ». La visée de l’enseignement met l’accent sur celui qui fait signe, l’enseignant, qui devient le modèle : le « Je » suit l’exemple d’un autre « Je ».


Dans les deux cas, un exemple apparaît. Former se fait selon un modèle extérieur après une plongée dans une matrice ; enseigner se fait d’après celui qui montre, le maître, celui qui sait. La qualité du modèle présuppose donc la qualité de l’œuvre, l’œuvre symbolisant qui celui qui passe par ce processus. Invité à s’insérer dans une structure plus large constituée d’éléments semblables au moule, dans le premier cas ; invité à partir pour porter plus loin et imiter ce qui a été donné en exemple, dans le second cas. 


Bien sûr, il ne s’agit que d’un exercice puéril à partir de deux mots … Mais il pose la question du devenir d’un humain façonné selon une vision. C’est pourquoi les mots de John Dewey résonnent avec une acuité particulière : « le problème central d’une éducation basée sur l’expérience consiste à choisir la nature des expériences présentes capables de demeurer fécondes et créatrices dans les expériences suivantes. » (Expérience et éducation, 1968, Armand Colin, p. 70).

 
 
 

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