Reconnaissance de soi : une si longue attente devenue un impératif
- patriciachirot
- 3 févr.
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Une journée de recherche au CNAM sur les publics en formation a mis en évidence les demandes des personnes qui intègrent des formations professionnelles.
Le public est rarement interrogé mais lorsqu’il s’exprime, il formule clairement ses attentes : une formation humaine, qui considère le vécu de la personne et lui permet de contribuer à son parcours de formation, et parfois même, à son élaboration.
Les attentes concernant le travail sont fortes : le respect de chacun, la reconnaissance de son pouvoir de choisir et surtout, la possibilité d’exercer d’autres métiers tout au long de sa vie active.
Ce qui ressort des paroles recueillies auprès des personnes formées elles-mêmes montre une volonté d’en finir avec les catégorisations et étiquetages imposés par une structure ou une institution. Cela remet en question l’image que se font ces personnes de l’enseignement traditionnel : une cage où l’enseignement est dispensé par des « sachants » à des sujets rendus passifs ou même, livrés à eux-mêmes en invoquant un exercice d’analyse critique et de recherche autonome. Par contraste, les formateurs soulignent l’attitude parfois consumériste des personnes formées.
Si l’on considère que former, c’est préparer à une action réfléchie, la participation active de personnes qui se sentent prises en compte, invitées à partager leurs savoirs dans une coopération valorisante, est essentielle. Pour être efficace, cette coopération demande de demeurer sur des situations finement analysées, basées sur le réel du terrain, qui permettent d’accéder à des concepts soumis à une réflexion collective.
Le rôle de l’enseignant du supérieur ou du formateur est appelé à se transformer. Si la transmission de savoirs demeure, elle apparaît des deux côtés : les uns ont à apprendre des autres. L’autorité descendante est aujourd’hui soumise à une remise en question qui se prolongera nécessairement dans les rapports entre hiérarchie et employés. Les enquêtes nationales révélées lors de ce séminaire étaient formelles : les jeunes ne souhaitent pas faire carrière et privilégient la vie qu’ils estiment « bonne » à leurs yeux.
La reconnaissance de soi par autrui est devenue une exigence aujourd’hui clairement affirmée. De plus, seule une reconnaissance authentique mènera à une adhésion des publics et à leur investissement dans un projet qui est projet de vie. Et au-delà se pose cette question : quelle société voulons-nous pour demain ?



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