Mobbing suite : la question de l’injonction à la conformité
- patriciachirot
- 11 août 2025
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Dernière mise à jour : 12 août 2025

Le harcèlement au travail sous la forme de « mobbing » (cf Dr Janice Harper) questionne le respect d’un modèle structurel auquel un employé doit se conformer. Un modèle nécessaire mais invoqué dans ce cas pour détruire un être humain et entraver son action. La victime est considérée comme nuisible ou préjudiciable à un système officiel reposant aussi sur des bases officieuses – comme c’est le cas pour « l’organigramme caché » qui définit les rapports d’influence au sein d’une structure.
Dewey (Expérience et éducation, 1968) établit que l’ordre social et les besoins doivent sous-tendre toute action mais que se consulter mutuellement, vouloir la liberté individuelle, la bienveillance dans les rapports sociaux, confère sa qualité à l’expérience de travail.
Le « mobbing » nie l’identité professionnelle et personnelle d’un employé. Cependant, la présence d’un bouc émissaire montre que le groupe ou la structure fonctionne sur des bases malsaines, indépendamment de la victime qui sert commodément à diriger le regard dans la direction de l’index pointé plutôt que sur le malade lui-même.
L’injonction de conformité au modèle présenté interroge à son tour les intentions réelles de la personne qui actionne les leviers d’autrui suiveurs et instrumentalisés - qui sont dans les faits acteurs et complices de la maltraitance. Bien-pensance, pensée unique et valeurs sont alors utilisées comme outils stratégiques pour s’assurer, d’une part, de la servilité et d’autre part, pour anéantir la victime. Toutefois, pour réaliser une tâche conformément au modèle, y aurait-il une seule méthode ? L’ouvrage « L’établi » (Linhart,1978), cas d’école en didactique professionnelle, relate l’histoire réelle d’un employé atypique et respecté par ses pairs, intentionnellement et minutieusement détruit par sa hiérarchie car il était l’inventeur d’une technique unique qui s’opposait à ce qui deviendrait le travail à la chaîne dans l’industrie automobile. Un travail en perte de sens, qui ne laisserait aucune place à l’initiative et à la créativité.
Le sens du collectif repose sur des valeurs, certes, mais des valeurs mises en application au sens de Dewey (Theory of valuation, 1939) : la valuation, c’est la capacité à comprendre l’écart entre finalités en vue et finalités atteintes pour que l’activité soit accomplie par tous et porte des fruits sains, respectueuse de chacun et de la finalité du travail. Pour cela, il est impératif de reconnaître la valeur de chacun au service de l’œuvre commune, c’est-à-dire la valeur de la différence et de la diversité comme source d’enrichissement mutuel et porteuse de sens dans l’accomplissement de la tâche. Inclusion, bienveillance, que recouvrent ces mots ? Comment sont-ils traduits dans la réalité ?



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