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Les personnes en formation : de quoi font-elles l’expérience ?

J’interviendrai le 23 avril à la Biennale de l’Education, de la Formation et des Pratiques Professionnelles à Paris, sur le thème de la formation et de la reconversion d’adultes en tant qu’expérience.


Voici le résumé de cette communication. Les paroles de ces personnes que j’ai interrogées ne cessent de résonner et d’imprégner mon parcours de recherche jusqu’à ce jour …


Des adultes d’âges différents entreprennent une formation ou une reconversion après une expérience professionnelle qui s’est terminée de façon douloureuse. En fin de formation ou en reprise d’activité, tous expriment « incertitude et (…) solitude », soit un « désapprentissage » (Pineau, 2004). L’expérimentation par entretiens montre cependant qu’un processus est à l’œuvre, qui confronte les regrets d’un passé revu sous le prisme du connu et de capacités devenues inutiles, à un avenir incertain qui va permettre un nouveau positionnement basé sur des valeurs.


L’activité professionnelle considérée comme expérience selon Barbier (2011), a provoqué une crise identitaire (Dubar, 2007) affectant les rapports à soi, à autrui et aux possibles. La trajectoire de vie, constituée des antécédents vécus, émotions, raisonnements, souhaits et rejets, capacités et valeurs, va subir de profonds changements. Nous avons nommé « expérienciation » ce cheminement caractérisé par un apprentissage informel qui débouche sur un engagement sociétal basé sur la découverte de soi ; s’il s’agit en premier lieu d’une expérience de deuil, le processus se réalise ensuite grâce à la prise de conscience d’aspects de soi dans une période de latence professionnelle.


A l’issue de ce processus, les questionnements font place à une volonté de s’exprimer très différemment sur la scène sociale, notamment par l’exercice d’une nouvelle activité professionnelle.

 


 
 
 

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