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Le terrain est tout


Dans la marine à voiles d’autrefois, le capitaine pouvait être issu de grandes familles mais il devait commencer comme mousse et gravir tous les échelons. Une fois capitaine, il connaissait le terrain et les hommes : l’équipage pouvait se lancer sur toutes les mers et agir, chacun à sa place, dans la cohésion.


Le terrain est tout. Le formateur est une personne de terrain et endosse une double casquette. Il vit les évolutions de son métier d’origine et continue d’être en lien avec ses collègues. Son activité d’enseignant nécessite en parallèle l’intégration de codes et de connaissances propres à un autre domaine professionnel. La conciliation des deux « casquettes » est un impératif.


Peut-on rapprocher cette « double casquette » du métier d’enseignant ? Sur certains points, c’est possible. L’enseignant instruit et éduque, sans toutefois devenir « le parent » ; il amène ses élèves ou étudiants à devenir des citoyens aussi autonomes et responsables que possible. Pour cela, l’enseignant a besoin d’être au plus près des évolutions d’une société, non seulement en s’informant, mais aussi en y prenant part. Or l’institution tend à circonscrire son action, à multiplier les tâches administratives et les contrôles, à agiter des principes présentés comme des concepts scientifiques, à empiler les réformes auxquelles il doit se conformer sans en questionner ni le sens, ni les moyens dégagés pour les mettre en œuvre.  Pour reprendre l’expression de Yves Clot, « la déréalisation » du métier représente un risque. Et une société où l’enseignant se perd est une société qui se perd. Aujourd’hui, les études scientifiques qui sont publiées montrent cette fragilisation de la société à travers la perte de repères des enseignants dont la crise des vocations en France n’est qu’un signe et le malaise croissant des enseignants, soigneusement tu jusqu’à présent, un autre signe.


Le terrain est tout. Former, instruire, éduquer forment le socle d’une société. Au début du 20e s., John Dewey écrivait déjà : « Jamais les méthodes et activités n’ont autant dépendu de la connaissance des faits et des lois qui relèvent des sciences physiques, naturelles et sociales ; aussi importe-t-il de communiquer une intelligence claire, (…) des faits physiques et sociaux d’ores et déjà impliqués dans l’environnement. » Santé et éducation forment les piliers d’une société saine. Où en sommes-nous ?

 
 
 

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