IA : être ou paraître ?
- patriciachirot
- il y a 2 jours
- 2 min de lecture

Magique ! Si vous ne maîtrisez pas la grammaire, si la communication et l’organisation de vos idées posent problème, l’IA vous apporte immédiatement un texte bien écrit et des idées structurées. A première vue …
Nombre d’employeurs aujourd’hui choisissent de recruter des collaborateurs dont ils se sont assurés de leur véritable capacité rédactionnelle, c’est-à-dire, sans le recours à l’outil magique.
En effet, cela suppose que l’employé soit autonome et non dépendant d’une prothèse numérique. Cette autonomie montre que l’employé possède réellement des capacités à spontanément débattre, argumenter, entrer en relation avec autrui, dans une langue de qualité ; à faire la différence entre deux synonymes, à choisir son registre de langue, à privilégier la relation à l’autre. De plus, bien des situations requièrent une grammaire impeccable.
Que dire d’un professionnel dont l’écriture est en apparence parfaite, mais dont la langue orale est approximative et les idées non structurées et dénuées d’arguments ? Quelle confiance lui accorder lorsqu’il s’agit d’une tâche qui implique rigueur et responsabilité, lorsqu’une réponse en face à face est immédiatement requise ?
La formation professionnelle pour adultes accueille de plus en plus d’employés qui se trouvent bloqués dans leur parcours professionnel en raison de leur insuffisance de maîtrise de la langue. Car l’écrit et l’oral se complètent et un déséquilibre de l’un ne peut être compensé par l’autre. L’illusion procurée par l’IA s’estompe rapidement et inéluctablement.
L’IA est utile si son utilisateur possède les connaissances de base ; l’outil ne compense pas les lacunes dans le sens où il ne les comble pas. Son usage généralisé et fréquent comporte le risque d’affaiblir la langue en offrant une solution standardisée et affadie, dénuée de la marque personnelle à laquelle l’humain reste psychiquement sensible. Souvenons-nous que l’IA est entraînée par des personnes mal payées et anonymes dont les orientations de pensées et la culture ne sont pas connues des utilisateurs. Même si des tentatives existent pour proposer des réponses aussi diversifiées que possible, le biais persiste. Accepteriez-vous de conduire une voiture dont les garanties de sécurité ne vous sont pas révélées ?
Formateurs et enseignants gagneront toujours à proposer des programmes qu’ils portent véritablement, dont ils auront pesé chaque terme, chaque idée, au-delà des déclarations éthiques d’utilisation de l’IA qui ne cessent de fleurir. Les apprenants bénéficieront ainsi d’un apprentissage humain, c’est-à-dire vivant et authentique.



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