La baguette magique et le bricolage …
- patriciachirot
- 16 nov. 2025
- 2 min de lecture

Avant une exposition de plusieurs artistes, le peintre Turner vit le tableau d’un de ses confrères et le trouva un peu terne. Il prit un pinceau et dessina un rond rouge sur le tableau. Aussitôt, la peinture du confrère s’illumina et prit vie.
Dans le monde de la formation, de l’enseignement ainsi que dans tous les domaines où la relation aux autres et la transmission de savoirs est essentielle, la touche personnelle fait réellement la différence par rapport aux conventions du métier, aux attentes institutionnelles ou systémiques.
Nous voyons chaque jour une multiplicité vertigineuse de « trucs », de « recettes », de « boîtes à outils » destinées à nous venir en aide, comme une promesse de réussite. Un coup de baguette magique et le tour est accompli. Cet océan de méthodes et de conseils rassure : il y a certainement là de quoi puiser de l’inspiration et passer l’obstacle. D’autres ont pensé pour nous, ont expérimenté l’outil, ont constaté la réussite de la méthode.
Mais voilà, la formule magique « yaka – fokon » ne tarde pas à montrer ses limites. L’écart entre la tâche et l’activité se présente comme un ravin bien concret à franchir. Qui le franchira, sinon celui qui se confronte à une situation toujours singulière par définition ?
Il est nécessaire de faire retour à la situation, d’identifier son décor et ses acteurs, de considérer la finalité en vue. Enfin, il est capital de revenir à soi : qui suis-je, dans cette situation ? Quel est ma capacité d’agir ? Quelles sont mes limites, mes ressources et quelles sont mes capacités propres ? Toutes ces réponses constituent autant de jalons pour élaborer une réponse particulière à une situation particulière.
La phase de bricolage peut débuter. Ce qui s’élabore tient compte de tous ces paramètres et la réalisation portera l’empreinte de son concepteur, dans une combinaison qui cherchera à répondre aux attentes institutionnelles et systémiques ainsi qu’aux conventions du métier. Au-delà des algorithmes, des injonctions « yaka-fokon », elle s’appuie aussi bien sur une vue d’avion (la finalité en vue) que sur une vue détaillée au ras du sol (l’objectif de l’action et les ressources disponibles pour la réaliser, avant l’action suivante).
Observation, exécution, vérification, ajustement alternent, qui nécessitent chaque fois la participation active de l’exécutant et font appel à sa créativité, mais à une créativité basée sur une connaissance fine de l’environnement au sein duquel se déroulera l’activité. Une activité vivante, adaptative, réellement portée par son réalisateur.
La fée enchante, le bricoleur réalise (rien n’interdit cependant que la fée soit bricoleuse !)



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