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L’utilité du bouc-émissaire et des suiveurs dans le harcèlement de groupe

(Méthodologies servant de base à cet article : analyse des actes de langage et didactique professionnelle)


Tout repose sur la peur et le conformisme.

Le meneur du groupe opère selon deux axes :

-          La séduction pour s’assurer de la subordination de suiveurs. Il les a choisis pour leur recherche de « l’homme fort » qui leur assurera une protection : pour leur envie de briller à ses côtés et d’en obtenir des avantages ; pour leur amusement grâce à son audace, son humour et son inventivité.

-          Leur refuge dans le conformisme. Il les a choisis pour leur peur de la solitude qu’ils craignent par-dessus tout ; pour leur obéissance intéressée ; pour leur frustration, leur jalousie ; pour leur faible capacité à remettre en question l’apparence pour rechercher la réalité ; pour leur obéissance aveugle au narratif et à l’idéologie qu’il leur distille.

Le harceleur choisit le bouc-émissaire pour affirmer son pouvoir sur autrui et se constituer un groupe de courtisans qu’il manipulera : ils deviendront ceux qui agissent à sa place et prolongent son action car ainsi, il pourra dégager sa responsabilité. Ils lui serviront de bouclier. Le bouc-émissaire lui servira de paravent qui masque sa propre faiblesse. Il permet au harceleur de se sentir exister.


Ainsi, le harceleur use de son autorité pour édicter ses règles et les bouleverser aussi souvent que possible afin que les suiveurs et le bouc-émissaire ne puissent avoir de repères. En effet, celui qui possède des repères se met à réfléchir et devient capable de se distancer de la situation. Le harceleur crée aussi un semblant de communauté sur des bases malsaines, communauté factice qui ne peut combler l’isolement dans lequel il maintient ses suiveurs. S’ils s’allient, s’ils s’apprécient, ils deviennent un pouvoir à éliminer. La rivalité, ouverte ou masquée, est la règle parmi les suiveurs.


Lorsque le bouc-émissaire habituel ne sera plus là, le harceleur en cherchera un autre … et souvent, parmi ses courtisans. C’est ainsi qu’un suiveur en deviendra victime, à plus forte raison s’il menace de prendre une place importante : il ne peut y avoir deux soleils dans un même ciel. Le harceleur ne connaît ni l’amitié ni la solidarité et il choisira aussi le fidèle naïf, celui qui lui obéit et se croit protégé. Pour le harceleur, tout individu est un objet jetable, donc tous les coups sont permis.


Le harcèlement « de meute » (« mobbing »), en tant que violence systémique qui vise à anéantir certaines personnes, offre de nombreuses similitudes avec ce que le Dr Ariane Bilheran décrit dans son ouvrage : « Psychopathologie du totalitarisme » (2023).


Comprendre ce qui se joue, c’est déjà faire un premier pas sur le sol ferme du respect de soi. Ce premier pas qui ouvre sur un tout autre horizon.


 
 
 

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