L’individu et son potentiel de « révolution »
- patriciachirot
- 14 mai
- 2 min de lecture

Celui qui intègre une structure collective apporte aussitôt deux contributions : ce qu’il est, et un peu du monde auquel il appartient. Il introduit un air neuf, des méthodes nouvelles, peut-être aussi une autre vision de l’activité. A son tour, il découvrira les codes de communication interne, les méthodes de travail et l’organigramme « caché » qui exploite, dans l’implicite, des réseaux internes d’influence.
A lui seul, il influence la structure et va contribuer à la transformer – grâce ou à cause de lui. Une personne représente un microcosme au contact d’un macrocosme qui vont s’interpénétrer.
Selon Max Weber, le pouvoir est la capacité d’imposer sa volonté dans le cadre d’une relation sociale, malgré les résistances éventuelles, tandis que le sociologue Michel Crozier établit que l’autorité se confond avec le pouvoir légitimé par des règles organisationnelles. Stanley Milgram précise cependant que ce n’est pas tant l’ordre en soi qui compte, mais la source dont il émane. Et il nous semble que la source est porteuse ou non d’un sens collectif, lui-même respectueux ou non de chaque individu.
Cependant, l’individu possède un pouvoir aux multiples facettes : pouvoir d’agir, pouvoir de communiquer et de transmettre, pouvoir de décider … et cela, quelle que soit l’autorité dont il dispose ou non. Sa seule présence marque une différence au sein du macrocosme.
Aujourd’hui, les technologies et l’IA tentent de prendre la première place au sein du macrocosme parce qu’elles sont utilisées par des microcosmes. Dans les systèmes organisationnels actuels, l’individu prend un pouvoir inédit en confiant tout ou partie de son activité à un système extérieur qui n’est pas le macrocosme dans lequel il travaille, en lui abandonnant une partie de son pouvoir.
Le défi qui se pose se nomme révolution. Un terme qui, dans son acception première, signifie retour en arrière, mouvement d’un objet autour d’un point central, le ramenant au même point. Peut-être s’agit-il pour un macrocosme de revenir à l’individu et d’en découvrir le potentiel ; pour l’individu, de revenir à lui-même qui s’est soumis ou s’est abandonné à un système qu’il ne gère pas, avec lequel il écrit peut-être une histoire collective au sein d’un macrocosme, mais influencée par un système extérieur dont il ne connaît pas toutes les règles et qu’il ne maîtrisera jamais tout à fait.
L’enjeu est sociétal et civilisationnel, le défi se pose au niveau du sens donné à l’activité, c’est-à-dire au réel sur le terrain.



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