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L’argument d’autorité dans un échange au travail


Les catégories d’arguments révèlent l’équilibre ou le déséquilibre d’un échange. Dans les relations de travail, l’argument d’autorité rappelle à l’autre sa position de subordonné. Cependant, cet argument peut être utilisé pour inférioriser un subordonné ou un pair (c’est-à-dire pour altérer son estime de soi).


Le subordonné ou le pair agit dans un cadre qui lui impose des limites mais qui le protège également. Le supérieur est placé dans la même configuration. Un terrain commun, celui de la structure, les fait se rencontrer au service d’un objectif partagé. A chacun ses outils, à chacun sa mission, mais un même objectif les rassemble.


En cas de manipulation, l’inversion accusatoire vise à rendre l’autre coupable de ce que fait l’accusateur. Une parole sera détournée, exagérée, placée dans une construction langagière dans laquelle le propos d’origine sera englué afin de provoquer un malaise.  La plupart des personnes retiennent l’émotion négative et ne parviennent pas à isoler la perle de la boue. Cette émotion négative active le levier des peurs. Le manipulateur usant de l’argument d’autorité pourra donc insinuer et s’assurer de la fidélité de suiveurs qui réagissent à la peur, à l’ambition et à la jalousie, ces deux dernières n’étant qu’une forme de peur.


L’argument de fait explique (et ne justifie pas !) ce qui est, grâce à une démarche rationnelle, voire scientifique. Il se base sur le réel, non sur une projection. Brut, il est force et sobriété. Il démontre, tout comme l’argument d’expérience. Il ne se base pas sur la séduction, mais sur ce qui, dans un cadre donné et spécifique, est vrai. Il ne vise pas à susciter une émotion mais invite à prolonger la réflexion sur le terrain d’une action au service d’un but partagé.


Beaucoup confondent ce qui est brut avec une agression personnelle. Ce qui est brut et rationnel est simple et solide. C’est à partir de cette pierre d’angle (de vue) que l’édifice solide peut être bâti. Aucun édifice sain, aucune structure saine, ne s’édifient sur la sinuosité d’une insinuation, comme une eau corrosive qui s’infiltre partout pour saper les fondations.


Avancer ensemble, c’est s’appuyer sur ce qui est clair, solide, sourçable. C’est aller au-delà des jalousies, de l'entre soi, pour revenir à l’objectif partagé.


Dans la crypte restaurée d’une vieille cathédrale, j’ai pu éprouver cette vérité simple : après une descente dans les profondeurs, le lieu tout blanc dans sa simplicité dépouillée était baigné d’une lumière venant d’une ouverture extérieure en hauteur – alors même qu’il pleuvait à verse. Le visiteur était plongé dans une lumineuse profondeur, comme une invitation à placer son œuvre dans la lumière.

 
 
 

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