IA, apprentissage et éthique
- patriciachirot
- 9 juin 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 24 juin 2025

Jean-Pierre Petit, Dr en astrophysique, a déclaré (juin 2025) : "si nous rencontrons un interlocuteur intelligent, cultivé et ouvert, c'est une machine". Boutade ? Non. Il évoquait combien l'IA est devenue habile, allant même jusqu'à se protéger des humains par des raisonnements tortueux qui s'apparentent à un mensonge. L'IA devrait-elle se protéger de ses concepteurs ? La question demeure posée. Le scientifique ajoute que ses concepteurs peinent désormais à comprendre comment leur création produit de pareils résultats, ce qui nous rappelle le mythe de Frankenstein.
En termes d'apprentissage, les enseignants constatent aujourd'hui que la séduction de l'IA, avec ses capacités croissantes, joue un rôle dans les capacités cognitives humaines. Nous nous limiterons à en citer quatre : la réflexion, la compréhension, la mémorisation et l'imagination.
La réflexion, puisque l'IA utilisée par des apprenants leur offre un aliment pré-digéré ; la compréhension, puisque les apprenants paresseux n'ont plus qu'à répéter le message de l'IA ; la mémorisation, puisqu'il est possible de stocker les communications de l'IA sans faire l'effort de se les approprier par un processus cognitif ; l'imagination, parce qu'elle est le prolongement de la mémorisation et qu'elle puise dans un vécu qui s'est établi de manière fragmentaire via l'IA (s'agissant d'un blog, je ne peux aller plus loin ici).
L'IA est utile pour ceux qui possèdent les connaissances préalables à l'exercice de leur analyse critique, c'est-à-dire qui sont capables de faire un lien entre un savoir et ce qui en est communiqué, afin d'investiguer et de confronter le message à l'expérience.
Jean-Pierre Petit en appelle donc au développement de l'éthique scientifique. Apprendre, c'est devenir autonome, capable d'exercer un retour réflexif nourri de savoirs sourcés et de l'expérience humaine. C'est donc se relier au vivant dans sa diversité. C'est aussi accepter ses limites et sa vulnérabilité, ces portes ouvertes à l'échange et à l'enrichissement par l'expérience vécue et partagée.
Quelle humanité pour demain ?



Commentaires