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Les effets inattendus de la grammaire

7 sept.
1 min de lecture

Rien de plus rébarbatif, à première vue, que la grammaire (française !). Tout mot doit être identifié, analysé dans l’ensemble. Une véritable enquête policière qui fait du détective une victime d’un système de règles qui s’enchaînent parfois sans logique apparente.


Et pourtant …


Quel que soit l’âge des apprenants, de l’adolescent à la personne retraitée, j’aboutis au même constat : un grand silence, qui au début m’inquiétait un peu et dont je rendais l’ennui responsable.


Ensuite viennent les questions et pas n’importe lesquelles : des questions philosophiques : quelle valeur donner au passé ? Pourquoi le temps semble passer différemment selon les langues étudiées ? En quoi la géographie et le climat façonnent une langue ? Que signifie le verbe être : un état permanent ou transitoire ? Et le verbe avoir, quels aspects de la propriété et de l’être par rapport à la possession traduit-il ?


Il y a plus encore : les apprenants s’immergent dans ce monde de règles et d’exceptions pour se plonger en eux-mêmes. Il me semble finalement que cette concentration intense constitue un rendez-vous que l’apprenant se donne à lui-même, qui lui permet de se poser loin de l’agitation pour découvrir son propre cheminement de pensées, voire sa relation à l’existence…


La grammaire peut aussi former le support de la pensée critique, en proposant une expérience qui n’est pas seulement celle de l’application d’une règle dans un exercice, ni celle de l’accession à une autonomie langagière : une expérience de soi dans l’intime de soi.


La grammaire comme découverte de soi, qui l’eut cru ?

 

 
 
 

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